
Retour sur cinq moments clés pour les droits des femmes au Luxembourg en 2025
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, Infogreen revient sur cinq événements et nouveautés qui symbolisent les avancées pour la lutte contre les inégalités entre les genres réalisées par le Luxembourg en 2025.
30e anniversaire du ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité
Le ministère a été créé en 1995, mais a subi plusieurs changements d’intitulé : ministère de la Promotion féminine à sa création, ministère de l’Égalité des chances en 2004, ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes en 2018, puis ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité en 2023. Une évolution en accord avec les transformations sociétales et l’élargissement progressif de son champ d’action.
Actuellement, Yuriko Backes est la ministre de l’Égalité des genres et de la Diversité. Elle déclare : « Depuis trente ans, notre mission demeure la même : faire progresser l’égalité réelle et défendre sans relâche les droits fondamentaux de toutes et tous. L’histoire de ce ministère est celle d’un engagement constant, construit avec nos partenaires, les associations, les institutions publiques et l’ensemble des citoyennes et citoyens. »
Ouverture du Centre national pour les victimes de violences
Le nouveau Centre national pour victimes de violences (CNVV) a été inauguré le 28 avril 2025. Situé à Belair, il offre une écoute et un accueil professionnel ainsi qu’une prise en charge ambulatoire sur place à toute victime, majeure ou mineure, de violences physiques, sexuelles, et/ou psychiques.
Ce service repose sur quatre piliers : soutien psychosocial, assistance médicale, intervention policière et dépôt de plainte, information juridique. En 2026, le CNVV a pour ambition d’élargir son offre et d’ouvrir en continu, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Au Luxembourg, les victimes de violences, notamment domestiques, sont principalement des femmes. En 2022, 1.826 victimes de violences domestiques ont été recensées et 1.095 étaient des femmes, selon l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE). Dans une publication de 2022, le Statec indiquait qu’au cours de leur vie, 51,7% des femmes (résidentes au Luxembourg) ont subi des violences psychologiques, 31,5% des violences physiques, 27,1% des violences sexuelles et 6,7% des violences économiques.
Adoption de la loi sur la représentation des femmes dans les conseils d’administration
Le 28 mars 2025, le projet de loi n° 8519 a été déposé à la Chambre des députés. Ce texte fixe un objectif quantitatif en matière d’équilibre entre les femmes et les hommes parmi les administrateurs de sociétés cotées et transpose une directive européenne en la matière.
En décembre de la même année, la loi a été adoptée. Ainsi, les sociétés cotées en bourse ayant leur siège au Luxembourg ont jusqu’au 30 juin 2026 pour veiller à ce que les membres du sexe sous-représenté (bien souvent les femmes) occupent au moins 33% de tous les postes d’administrateurs, tant exécutifs que non exécutifs.
Première réunion du Conseil supérieur à l’égalité entre les genres
Le 26 septembre 2025, le nouveau Conseil supérieur à l’égalité entre les genres a tenu sa première réunion. Créé par la loi du 7 novembre 2024, cet organe consultatif réunit un panel d’experts de tous horizons : institutionnel, professionnel ou issu de la société civile. Forts de leurs compétences et de leurs expertises, ils ont pour mission de contribuer aux réflexions et recommandations adressées au MEGA.
Lors de cette première réunion, « le Conseil a décidé que la présidence serait assurée à titre tournant, la première année par Dr. André Melzer et la deuxième année par Isabelle Faber », indique un communiqué de presse.
Débat sur l’introduction de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution
Le sujet a été lancé en 2024, avec le dépôt d’une proposition de révision de l’article 15 de la Constitution pour y introduire la liberté d’avoir recours à l’IVG. Mais c’est en 2025 que les travaux parlementaires sur le sujet se sont accélérés et que diverses institutions ont rendu leurs avis sur ce projet (Conseil d’État, Conseil National des Femmes, Planning familial…).
La modification comporte un article unique.
L’article 15, paragraphe 3 de la Constitution est complété par un alinéa 3 nouveau, libellé comme suit : « La liberté d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse est garantie. La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce cette liberté. »
Après que les députés soient parvenus à un compromis consistant à « utiliser le terme de liberté plutôt que celui de droit afin d’éviter toute confusion avec la catégorie des droits fondamentaux » en octobre, la proposition de révision a été adoptée lors du premier vote constitutionnel le 3 mars 2026. Le second vote ne pourra intervenir que dans trois mois au minimum.
Léna Fernandes
Photos : © MEGA et Chambres des députés


