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Apporter des solutions simples à des problèmes complexes

Économie circulaire

Publié le
vendredi 26 avril 2019 à 04:00

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L’économie circulaire, c’est notamment s’assurer que tout ce qui arrive en fin de (première) vie soit recyclé et réintroduit dans un nouveau cycle de production. Pour le consommateur, cela se traduit généralement par le tri effectué à la maison ou en entreprise afin que les objets du quotidien arrivent dans les bons conteneurs.

L’aspect recyclage est évident quand on pense au papier jeté, mais qu’en est-il d’un smartphone, d’un frigo ou d’une pile au lithium en fin de vie ? Leur recyclage et la transformation de chacune de leurs composantes demandent une connaissance technique avancée et une recherche continue de nouvelles solutions.

Pour soutenir le recyclage, depuis 2006, chaque consommateur luxembourgeois paye une cotisation, une « éco-participation » à l’achat de toute une série d’appareils. Ce montant - qui va de 0,08 euro pour une lampe LED à 10,06 euros pour un réfrigérateur – n’a qu’un infime impact financier sur l’acte d’achat. Les producteurs et distributeurs sont également concernés. La plupart des sociétés luxembourgeoises cotisent via l’association Ecotrel, organisme agréé par le ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable pour répondre aux obligations de collecte et de recyclage des appareils électriques et électroniques. À l’heure actuelle, plus de 700 sociétés de différentes tailles et représentant différents secteurs d’activité sont ainsi affiliées à Ecotrel. « Depuis 2004, les entreprises qui mettent des équipements électriques et électroniques sur le marché luxembourgeois ont l’obligation d’assurer le recyclage de leurs produits en fin de vie, c’est le principe de la responsabilité élargie du producteur. Le faire au niveau individuel est possible, mais serait un casse-tête et cela aurait un coût très élevé », explique Bernard Mottet, CEO de l’asbl. C’est donc dans le but de fédérer et d’avoir une structure pensante qu’Ecotrel a été créé il y a 15 ans, suivi 5 ans plus tard par Ecobatterien.

La philosophie d’Ecotrel est de vivre et laisser vivre : « Mettre des pressions financières trop importantes sur nos partenaires est contre-productif. Il faut avoir la maturité de se dire que tout le monde doit être correctement rétribué pour son travail », commente M. Mottet. L’association a développé un réseau d’une trentaine d’usines de traitement dans un rayon de 300 km, et ce, afin de s’assurer que les produits en fin de vie ne se retrouvent pas dans une décharge en Afrique ou en Asie, mais qu’ils soient traités dans le respect de l’environnement et de la main-d’œuvre. Pour certains produits toutefois, il faut viser au-delà, où se trouve l’expertise. C’est le cas des piles qui, depuis l’arrivée du lithium, présentent un énorme risque d’explosion et demandent une manipulation et un traitement très sécurisés. Les piles sont extraites manuellement des équipements électriques et électroniques. Si nécessaire, leurs pôles sont isolés électriquement et elles sont transportées dans des containers sécurisés jusqu’aux usines de traitement.

Au niveau de la collecte, le Luxembourg s’en sort plutôt bien : « Nos taux sont réels et élevés, à tel point que d’autres pays viennent nous demander de la consultance. » La directive européenne fixe ce taux minimum à 45 %, Ecotrel a enregistré en 2017 un taux de 52,44 %.

Deux projets en développement

Mais avec l’arrivée de l’économie circulaire, le déchet n’existe plus. Trouver des filières pour recycler, upcycler, réutiliser tout ce qui est sur le marché est un énorme challenge, compliqué encore par les évolutions technologiques. « Lorsque Ecotrel a été créé en 2004, nous n’en étions nulle part avec le commerce électronique.

Aujourd’hui, Amazon et Ali Express sont des réalités. Il y a quelques années, on devait recycler des néons et des téléviseurs à tube cathodiques, et aujourd’hui on achète et on recycle des ampoules LED et des écrans plats », précise le CEO. « Ce qu’on demande à nos collaborateurs, c’est de respecter les procédures tout en étant créatifs, car tout ce que nous devrons faire demain, nous ne l’avons jamais fait dans le passé. »

Encore faut-il que les produits arrivent dans les centres de recyclage. De nombreuses personnes gardent d’anciens téléphones dans leur tiroir au lieu de le déposer dans un point de collecte. Autre problème au Luxembourg : le scavenging, ou l’art de fouiller les recycling centers à la recherche d’un smartphone ou d’un fer à repasser. Ecotrel développe dans ce contexte un projet pilote avec les communes de Hesperange, de Munsbach et de Junglinster, qui vise à augmenter la durée d’utilisation d’un produit, grâce à des Service Centers. L’association a des contrats avec des partenaires sociaux qui vont préparer les articles au réemploi et les remettre sur le marché. Les produits entrent alors réellement dans une boucle de réutilisation. Cela pose toutefois de nombreuses questions juridiques auxquelles Ecotrel essaye de répondre, notamment en matière de RGPD puisque les téléphones, ordinateurs et tablettes contiennent énormément de données personnelles.

Second projet en cours : le développement d’un cluster rassemblant toute une série d’acteurs issus des milieux professionnels et sociaux. Son but est d’offrir une solution intégrée aux utilisateurs professionnels car on estime qu’entre 500 et 1 000 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques quittent annuellement le Luxembourg au départ des utilisateurs professionnels (banques, compagnies d’assurances, Big Four, etc.). Ces déchets se retrouvent ensuite à des milliers de kilomètres et provoquent des drames environnementaux et sociaux.

Le pouvoir du consommateur

« Ce qui est important pour nous, c’est de ne pas être des spectateurs de notre vie, mais des acteurs de notre vie. Et pour moi l’essentiel viendra du consommateur, car consommer est l’acte politique majeur que vous posez tous les jours, et si vous consommez de manière responsable, vous ferez évoluer la société. Ce n’est pas le producteur qui mène le jeu en la matière », argumente M. Mottet. Et d’ajouter : « pour moi, les changements de mentalité doivent absolument s’opérer rapidement. On a la chance au Luxembourg d’avoir un ministère de l’Environnement entre les mains des Verts et qui est extrêmement dynamique. C’est une chance pour avancer. »

Pour célébrer les 15 ans d’Ecotrel et les 10 ans d’Ecobatterien, une expo photo est organisée à l’Université de Luxembourg à Belval à partir du 15 mai prochain.

Marie-Astrid Heyde
Photo Fanny Krackenberger

Article issu du dossier du mois Infogreen « Circulez, il n’y a rien à jeter » !

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vendredi 26 avril 2019


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