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Publié le
lundi 7 juillet 2014 à 06:30

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En 2011, la Commission européenne reconnaissait la responsabilité sociétale comme un levier de performance économique. Cette conviction a, depuis, été traduite dans la directive sur les marchés publics, qui définit que les adjudications se focaliseront désormais sur des critères sociaux et environnementaux en plus du prix, et la directive sur la publication d’informations extra-financières, votée le 15 avril, qui permettra aux grandes entreprises de valoriser la durabilité de leur management. Quid des PME qui, bien qu’elles constituent la grande majorité des acteurs économiques, notamment dans le secteur de la construction, semblent avoir été oubliées ? La RSE est-elle à leur portée ?

Le Luxembourg a toutes les cartes en main pour montrer qu’il est le meilleur élève de la classe

De quels outils disposent les entreprises aujourd’hui pour mettre en œuvre une démarche RSE ? Existe-t-il des indicateurs objectifs pour évaluer la durabilité d’une entreprise ?

Bruno Renders, administrateur-directeur de l’IFSB : La norme ISO 26000 et le rapport extra-financier selon la GRI (Global Reporting Initiative) en sont deux. Nous nous sommes focalisés sur la norme ISO 26000 depuis 2009. Avant même sa publication officielle, elle nous a servi de base pour le développement d’une démarche complète de mise en œuvre de la RSE en entreprise. Parmi les autres outils développés, nous disposons d’un guide de bonnes pratiques, d’une application sur smartphones et d’une méthodologie d’évaluation des critères de durabilité dans l’attribution de marché de la construction. Nous nous sommes appliqués la méthodologie ISO 26000 pour structurer nos propres actions RSE et avons déployé celles-ci dans d’autres entreprises également. Nous sommes donc non seulement armés pour accompagner les entreprises de construction qui voudraient entrer dans une démarche RSE mais, en plus, nous sommes l’illustration même de l’accessibilité et de l’intérêt de cette démarche, y compris pour une petite entreprise (ndlr : l’IFSB compte une trentaine d’employés) puisque nous nous apprêtons à publier, pour la troisième année, un rapport développement durable attesté par la GRI. Nous sommes également en phase de signature de la Charte de la diversité.

Nous avons appliqué, par ailleurs, notre méthodologie d’évaluation des critères de durabilité dans les marchés liés à la construction du nouveau centre Neobuild, le Pôle d’Innovation Technologique de la Construction Durable. Ce bâtiment extrêmement avancé sur le plan technologique a fait l’objet d’une évaluation sur le management des entreprises prestataires basée sur la norme ISO 26000, c’est-à-dire un management qui ne retient pas le seul critère du prix mais l’offre économiquement la plus avantageuse.

Le Luxembourg a donc toutes les cartes en main pour montrer qu’il est le meilleur élève de la classe et notre expérience doit pouvoir servir de base à des discussions plus larges dans cette optique.

Qu’entendez-vous par des discussions plus larges ?

Elisabeth De Sousa, responsable développement durable & RSE à l’IFSB : Nous avons été les premiers à initier le dialogue en organisant, fin 2013, une conférence européenne sur les critères extra-financiers appliqués aux marchés publics, conférence qui était ouverte à des parties prenantes diverses et variées : de l’architecte travaillant à la conception jusqu’à la fédération patronale regroupant les entreprises responsables de l’exécution en passant par un syndicat représentant les salariés.

Je pense qu’il serait en effet pertinent d’impliquer les acteurs concernés au moment de transposer la directive en droit national, car ils peuvent, par le biais de leur expérience, apporter des éléments objectifs afin d’élaborer des méthodes qui conviennent aux différents secteurs et entreprises. Vouloir imposer une méthode théorique à un tissu économique composé de 95% de PME serait la mauvaise option à notre avis.

La directive sur le reporting extra-financier ne s’adresse pour l’instant qu’aux entreprises de plus de 500 employés ou qui affichent, soit un total du bilan supérieur à 20 millions d’uros, soit un chiffre d’affaires net de plus de 40 millions d’euros. La possibilité de valoriser leurs efforts en matière de RSE leur est-elle réservée ?

EDS : Les PME sont exclues parce qu’on considère que la RSE serait potentiellement trop compliquée pour elles. Or, elles ont beaucoup à apporter au système à travers les nombreuses initiatives qu’elles mènent en matière de sécurité/santé ou de protection de l’environnement, par exemple. Sans compter que la construction est le secteur économique le plus dynamique en termes de création d’emplois et que, indépendamment du nombre de personnes qu’elles emploient, le chiffre d’affaires généré par certaines PME du secteur peut atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.

Structurer ses actions en termes de RSE est une démarche qui prend du temps certes, mais qui est accessible, comme nous le démontrons à l’IFSB, et qui s’avère être un vecteur de crédibilité.

Les entreprises seront-elles prêtes, en 2017, à intégrer des critères extra-financiers dans leurs rapports annuels ?

EDS : Pour avoir réalisé l’exercice, lorsque vous demandez à des entreprises de rédiger un dossier dans le cadre d’un appel d’offre qui, en plus du prix, comporte une vingtaine d’indicateurs, rares sont celles qui ont déjà mené une réflexion en la matière et qui ont des éléments de suivi à valoriser. On ne pourra pas tout faire aujourd’hui pour demain, pourtant ce qui risque d’arriver aux entreprises est de ne pas avoir le temps de se mettre en conformité si elles ne s’attellent pas à la tâche maintenant.

La RSE est-elle un sujet suffisamment maîtrisé aujourd’hui ?

EDS : A la question de savoir si les administrations publiques disposent de personnel qualifié pour mettre en œuvre la directive sur les marchés publics, les acteurs présents lors de la conférence que nous avons organisée sur le sujet ont souligné de manière unanime le besoin de formation en la matière. La formation et le savoir-faire sur cette thématique est un véritable enjeu pour apporter des résultats concrets. Les administrations publiques jouent un rôle clé et peuvent compter, entre autres, sur notre offre de formations et de services pour les accompagner dans cette voie.

Quelles solutions proposez-vous en tant qu’organisme de formation ?

EDS : Nous lancerons, à la rentrée de septembre, une nouvelle formation visant à sensibiliser les entreprises et tout autre acteur intéressé à la question de la RSE et à leur permettre de s’y retrouver parmi les différentes initiatives existantes pour faire un choix éclairé dans le panorama luxembourgeois en fonction de leur stratégie. Cette formation s’intitulera : « La RSE au Luxembourg : Quels outils/labels ? Pour qui ? ». Nous avons mis un point d’honneur à la proposer en trois langues (français, allemand et luxembourgeois) pour ne pas ajouter une difficulté supplémentaire liée à la maîtrise de la langue sur un sujet déjà complexe.

Photo ©Marlene Soares pour LG Magazine

Publié le
lundi 7 juillet 2014


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