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Un confort inégalable… subsidié par l’Etat
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Un confort inégalable… subsidié par l’Etat

Architecture & construction

Publié le
lundi 20 janvier 2014 à 13:45

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Dès janvier 2017, toute nouvelle maison construite au Luxembourg devra respecter les exigences des classes de performance énergétique AAA. Autrement dit, elle devra être passive. Pourquoi le moment est-il propice pour investir dès aujourd’hui dans le standard de demain ? Réponse avec Sophie Brouwers, gérante technique, thermographe certifiée ITC et Jamie Ferris, responsable marketing et communication, tous deux chez CLK constructions luxembourgeoises.

En investissant dans du passif aujourd’hui, on investit pour le futur

En quoi une maison passive est-elle plus agréable à vivre qu’une maison traditionnelle ?

SB : La première raison est le bien-être qu’offrent les maisons de ce type. J’habite moi-même une maison passive depuis quelques mois. J’ai donc déjà pu expérimenter les mois chauds d’été et les premiers froids hivernaux. Le plus frappant est le confort que l’on ressent dans la maison, qui est comme un gros cocon. La chaleur est constante dans l’ensemble des pièces, des toilettes à la chambre à coucher. On se sent bien quel que soit l’endroit où l’on se trouve et ce, avec un simple appoint de chauffage quand les températures descendent très bas qui représente une consommation dix fois inférieure à celle d’une maison traditionnelle. Ce confort bouleverse un peu les habitudes : on peut, par exemple, oublier la bouillotte dans le lit et laisser la couette d’hiver au placard. S’il faut chauffer une maison, c’est parce qu’il y fait froid. A partir du moment où l’on ne doit pas - ou peu - la chauffer, c’est qu’il y fait bon.

De plus, l’air est agréable à respirer. Quand on chauffe une maison classique, on ressent parfois une sensation d’étouffement. Ce qui est surprenant dans une maison passive, c’est qu’elle combine une chaleur douillette et un air frais, renouvelé toutes les trois heures, et plus fréquemment encore si l’utilisateur le souhaite ou si le taux d’humidité augmente, dans la salle de bain par exemple. On ne sent pas de courant d’air car l’air qui entre est chaud et le fait de manière progressive. Les odeurs disparaissent ainsi complètement, comme en a témoigné une cliente qui me racontait qu’au retour de la promenade qui suit le traditionnel repas de famille dominical, il est impossible de dire ce qui a été cuisiné.

Quel retour avez-vous de vos clients qui habitent une maison passive ?

SB : Au Luxembourg, cette tendance est récente et nous avons peu de recul, mais une enquête parue en Allemagne en 2007 a révélé que 88% de ceux qui ont construit passif reconduiraient sans aucun doute l’expérience. On s’habitue à un tel niveau de confort !

On entend tout de même parfois dire qu’une maison passive, c’est techniquement compliqué…

SB : Ca l’est pour le constructeur qui doit être qualifié pour relever les défis d’étanchéité, de pose d’isolation et de résolution des ponts thermiques, ainsi que pour réaliser l’installation et le réglage des nouveaux équipements techniques. Mais pour l’utilisateur, c’est tout le contraire ! Là où avant il fallait ouvrir chaque jour les fenêtres, il ne faut plus que nettoyer ou changer les filtres tous les trois mois et si on veut aérer plus fort, il suffit de presser un bouton. Pour ce qui est du chauffage, cela dépend, bien entendu, du système choisi, mais il y a, par exemple, nettement moins d’entretien à réaliser sur une pompe à chaleur air/eau que sur chaudière à mazout qui doit être révisée tous les ans.

Pourquoi est-ce le meilleur moment pour se lancer dans la construction d’une maison passive ?

JF : Le retour sur investissement ne sera jamais meilleur qu’aujourd’hui puisque les primes étatiques disparaîtront progressivement avec l’approche de l’obligation de construire passif. 2014 est l’année la plus intéressante puisque les subsides s’élèveront encore à 160 euros par m2 (jusqu’à 150 m2) alors qu’elles ne seront plus que de 70 euros par m2 en 2015 et 2016. Si on ajoute à cela les aides versées pour les installations, comme les pompes à chaleur, on peut atteindre 36.000 euros ! L’investissement supplémentaire que demande une construction passive sera donc vite rentabilisé si on compte les primes de l’Etat et les économies d’énergie qui seront réalisées.

Construire une maison passive permet également de préparer l’avenir, qui sera la maison zéro énergie ou à énergie positive. Le gouvernement est en train de plancher sur la question, mais la maison zéro énergie sera bel et bien la norme en 2019. Quelle que soit la façon dont sera définie une maison zéro énergie, le plus gros impact sera sur la technique. Pour être autonome, il faudra peut-être installer des panneaux photovoltaïques ou un accumulateur, mais cela ne va plus jouer sur l’enveloppe du bâtiment, qui, dans une maison passive, est déjà optimale au niveau de l’isolation. Une maison passive est prête à passer au standard supérieur sans avoir de lourdes transformations à faire, alors que rénover une maison classique pour la rendre passive est extrêmement coûteux et compliqué.

Enfin, en investissant dans du passif aujourd’hui, on investit pour le futur : une maison passive, à taille et à situation équivalentes, aura plus de valeur qu’une maison traditionnelle.

Comment assurer la réussite d’un projet de construction de maison passive ?

JF : Pour qu’un projet aboutisse bien, c’est la conception architecturale qui fait la différence. Nous ne faisons pas qu’exécuter, nous conseillons également nos clients. Il faut connaître les spécificités techniques d’une maison passive et y être attentif dès la conception car on part sur une autre base que pour une maison traditionnelle. Chaque corps de métier, de l’architecte à l’électricien, doit penser passif. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur la formation à tous les niveaux. Il est primordial que toute la régie travaille ensemble, et c’est ce que nous proposons. Nous organisons une réunion entre architectes et responsables pour intégrer au mieux tous les détails constructifs du projet avant la finalisation, tout en tenant compte des souhaits du client. Nous réalisons également des tests d’étanchéité intermédiaires pendant toute la durée des travaux, ce qui nous permet de garantir l’étanchéité finale du bâtiment. De plus, nous venons tout juste d’obtenir le tout nouveau label Energie fir d’Zukunft + de la Chambre des Métiers qui nous consacre Artisan Certifié Maison Passive.

Photos ©Marlene Soares

Publié le
lundi 20 janvier 2014


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