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lundi 16 octobre 2017

Un accord informel pour interdire la pêche en eaux profondes
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Un accord informel pour interdire la pêche en eaux profondes
Politique & Gouvernance

Publié le mardi 5 juillet 2016 à 04:00

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Les députés et les ministres ont conclu un accord interdisant la pêche au-delà d’une profondeur de 800 mètres dans l’Atlantique Nord-Est. L’interdiction, approuvée jeudi 30 juin 2016, s’appliquera au chalutage de fond et permettrait également de limiter la pêche en haute mer à la zone où elle avait lieu entre 2009 et 2011.

"Lorsque la Commission européenne avait initialement proposé une interdiction de pêche en eaux profondes, j’ai fait le pari que nous pourrions concilier les impératifs socio-économiques avec ceux de la protection environnementale, pour faire avancer la cause du développement durable. Contrairement aux affirmations des prophètes de malheur, nous avons réussi à trouver un équilibre entre l’effort de pêche et l’écologie", a déclaré la rapporteur Isabelle Thomas (S&D, FR).

 

Limites de profondeur

Les négociateurs du Parlement et du Conseil ont convenu de fixer une limite de profondeur de 800 mètres, de sorte qu’aucune pêche en haute mer n’ait lieu au-delà. Cette nouvelle disposition protégera les écosystèmes marins vulnérables fragiles dans le lit profond de la mer.

Une disposition distincte pour protéger les écosystèmes marins vulnérables a été ajoutée au règlement, de sorte que pour les activités de pêche profonde au-delà de 400 mètres si la quantité des indicateurs d’écosystèmes marins vulnérables attrapés (liste détaillée annexée au règlement) dépasse certains seuils (définis dans le nouveau règlement), le navire devrait immédiatement cesser toutes opérations de pêche et ne les reprendre que quand il se sera éloigné d’au moins cinq miles nautiques de la zone dans laquelle il a rencontré l’écosystème marin vulnérable.

Zone de pêche couverte par le nouveau règlement

L’Union européenne va geler l’empreinte - zone dans laquelle des activités de pêche en haute mer ont lieu - dans les eaux européennes se trouvant dans l’Atlantique Nord-Est à la zone où la pêche ciblée a eu lieu entre 2009 et 2011. Cela s’appliquera aux navires ciblant les espèces de haute mer, c’est-à-dire ceux dont les captures d’espèces de haute mer représentent plus de 8 % du total sur au moins une sortie de pêche au cours de l’année.

Collecte des données, transparence, observateurs à bord

Les députés ont introduit des garanties de transparence plus fortes en incluant des obligations de fournir de l’information publique sur les navires européens ciblant les espèces d’eau profonde et de faire rapport sur toutes les prises (poissons et écosystèmes vulnérables). Les États membres seront également tenus de fournir des informations sur l’emplacement des écosystèmes vulnérables (études d’impact) et la Commission européenne évaluera ces données chaque année et adaptera la zone de pêche autorisée en conséquence (en utilisant des actes d’exécution).

20% des navires européens devront avoir à leur bord un observateur (scientifique) pour assurer la collecte des données opportunes et précises.

Prochaines étapes

L’accord informel devra maintenant être approuvé par la commission des pêches du Parlement européen et par le Conseil. Le vote en plénière est prévu pour novembre.

Contexte

Les progrès technologiques dans les années 1980 et 1990 ont contribué à de nouvelles formes de pêche à des profondeurs inexplorées, de plusieurs centaines à plusieurs milliers de mètres sous la surface. Mais les écosystèmes en eaux profondes restent encore largement inconnus aujourd’hui. Certaines espèces de poissons d’eau profonde peuvent vivre pendant très longtemps (plus d’un siècle dans le cas de l’hoplostète orange), et quelques coraux des grands fonds peuvent être vieux de milliers d’années. Les poissons croissant très lentement et se reproduisant tardivement rendent les stocks très sensibles à la surpêche. Les habitats marins vulnérables (de coraux ou d’éponges, par exemple) sont également particulièrement sensibles à certaines méthodes de pêche. Compte tenu des menaces qui pèsent sur les stocks d’eau profonde, et reconnaissant la fragilité des écosystèmes des fonds marins, des initiatives ont été progressivement mises au point, tant aux niveaux mondial (par exemple l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et régional (par exemple, la Commission des pêches de l’Atlantique Nord-Est) pour promouvoir une exploitation plus responsable des grands fonds.

L’océan Atlantique Nord-Est est dominé par les bassins océaniques profonds et la morphologie du fond de la mer est dominée par deux zones profondes des deux côtés de la dorsale médio-atlantique, avec des profondeurs allant jusqu’à 5.000 mètres. Les navires de l’Union européenne ciblant les espèces d’eaux profondes sont français, espagnols, portugais, irlandais, britanniques ou allemands.

Communiqué du Parlement européen

Publié le mardi 5 juillet 2016


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