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jeudi 17 août 2017

Transformer les transports : l'heure est à l'action
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Transformer les transports : l’heure est à l’action
Mobilité

Publié le vendredi 20 mai 2016 à 02:00

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Deux semaines après la signature à New York de l’accord historique de Paris sur le climat par les représentants de 175 nations, des dirigeants du monde entier se sont réunis à Washington pour mettre sur la table des actions concrètes qui transformeront cet accord en réalité.

Les pays en développement, qui restent confrontés à un considérable déficit d’infrastructures de transport, ont l’opportunité d’opérer un bond technologique et d’éviter les problèmes liés aux systèmes reposant sur les voitures individuelles en adoptant directement des stratégies multimodales qui réduisent la pollution, la consommation d’énergie et les embouteillages, tout en améliorant la sécurité routière et en dopant la croissance économique.

Les 5 et 6 mai, des dirigeants des administrations nationales et locales, des représentants de la société civile, du milieu universitaire et du secteur privé se sont réunis dans le cadre du sommet "Action climat 2016" , un événement sponsorisé par divers partenaires, dont le président du Groupe de la Banque Jim Yong Kim, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, et l’envoyé spécial des Nations unies pour les villes et le changement climatique Michael Bloomberg. 

Si les problématiques liées à la lutte contre le changement climatique couvrent de nombreux secteurs et nécessitent d’agir sur de multiples fronts, notamment dans l’agriculture et l’énergie, les transports constituent sans aucun doute l’un des domaines les plus cruciaux pour faire baisser l’empreinte carbone à l’échelle mondiale.

" Lors de cette conférence, nous nous attacherons à définir les grandes lignes d’un plan visant à transformer les systèmes de transport du monde entier ", a déclaré Jim Yong Kim dans son discours d’ouverture. " Nous qualifions cette démarche de "mobilité durable pour tous", l’objectif étant de faire en sorte que les personnes et les biens puissent circuler de manière accessible, efficace et sûre, ce qui contribuera à faire reculer la pauvreté, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accroître la résilience face au changement climatique. "

S’exprimant au nom de la présidence de la COP22, Hakima El Haite, ministre chargée de l’Environnement du Royaume du Maroc, a expliqué que " comme pour n’importe quel autre secteur à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre, pour bien gérer les transports, il faut que les autorités gouvernementales aient une vision à long terme, il faut de l’innovation, et il faut des actions concrètes. "

" Nous devons faire le lien entre les transports durables et les contributions nationales des pays, parce que 70 % de ces dernières incluent une dimension liée aux transports […], a noté Mme El Haite. Nous devons faire le lien entre les transports durables et la vision globale qui sous-tend la transformation de nos sociétés, ainsi qu’avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat. "

Sortir du statu quo

Aujourd’hui, les transports représentent près d’un quart des émissions globales de gaz à effet de serre liées à l’énergie. En tablant sur une population mondiale de 9,6 milliards de personnes à l’horizon 2050, maintenir le statu quo fera croître les émissions dues aux transports de 33 %, et le nombre de véhicules sur les routes pourrait doubler pour atteindre 2 milliards en 2030. Cela aura aussi de graves conséquences en matière de sécurité routière, alors que les accidents de la route font déjà 1,3 million de morts chaque année et près de 50 millions de blessés à l’échelle mondiale. De plus, l’insécurité routière représente un coût qui peut représenter jusqu’à 5 % du PIB, les pays les plus touchés étant les pays plus pauvres.

" Nous pouvons et nous devons faire entrer les transports dans une ère nouvelle. Les technologies nécessaires pour faire baisser significativement leur empreinte et les rendre accessibles existent déjà ", a affirmé Denis Coderre, maire de Montréal (Canada). " Le nouveau réseau de transports en commun électriques respectueux de l’environnement qui est à l’étude pour la région de Montréal constitue un excellent exemple de ce qu’il est possible de faire. Afin de développer ce genre de projets à grande échelle, nous devons unir nos forces et avoir une vision d’ensemble bien définie et des objectifs clairs. "

Les pays en développement, qui restent confrontés à un considérable déficit d’infrastructures de transport, ont l’opportunité d’opérer un bond technologique et d’éviter les problèmes liés aux systèmes reposant sur les voitures individuelles en adoptant directement des stratégies multimodales qui réduisent la pollution, la consommation d’énergie et les embouteillages, tout en améliorant la sécurité routière et en dopant la croissance économique. Mais ils doivent faire ces choix maintenant, car les investissements d’aujourd’hui détermineront les schémas de mobilité et les émissions de gaz à effet de serre de demain.

Quatre domaines d’action

Rendre les transports plus durables implique des systèmes plus accessibles, plus efficaces, plus sûrs et plus soucieux du climat. Ces quatre domaines d’action font d’ores et déjà partie intégrante des Objectifs de développement durable et de l’accord de Paris sur le climat. Et nombre de pays sont déjà en train de mettre en œuvre des projets qui visent à atteindre ces objectifs.

Par exemple, à Rio de Janeiro, la Banque mondiale aide les autorités à rénover le système ferroviaire de la ville et à le rendre plus écologique en finançant plus d’une centaine de nouveaux trains à haute efficacité énergétique afin d’améliorer la qualité de service et de réduire les temps de trajet pour les familles à faible revenu qui vivent dans les faubourgs. Ces gens bénéficieront ainsi d’un meilleur accès aux emplois, aux écoles et aux services de santé. Cela contribuera également à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 93.700 tonnes, soit l’équivalent de quelque 25.000 voitures individuelles à essence retirées de la circulation.

Sur le plan de la sécurité routière, la Banque mondiale apporte tout son soutien à la Décennie d’action pour la sécurité routière (2011-2020), une initiative des Nations unies qui vise à diviser par deux le nombre de décès et de blessés imputables aux accidents de la route, et à sauver ainsi 5 millions de vies d’ici 2020. Mécanisme multidonateurs mené par la Banque mondiale, le Fonds mondial pour la sécurité routière fournit une assistance technique et des conseils à plus d’une vingtaine de pays pour les aider à mettre en œuvre des mesures de sécurité renforcées sur leurs routes.

Agir rapidement et prendre des mesures audacieuses

Cependant, pour atteindre cet objectif de transports durables, les acteurs publics et privés doivent mettre à profit la dynamique actuelle et faire preuve d’ambition. Si l’année dernière s’est révélée cruciale pour exposer la vision d’ensemble du développement durable — avec l’adoption des Objectifs de développement durable à New York en septembre et le succès de la COP21 à Paris en décembre —, il est désormais temps d’agir.

" Si nous parvenons à unir nos efforts pour rendre les transports plus durables à l’échelle globale, cela améliorera la vie de milliards de gens du monde entier en termes de santé, d’environnement et de qualité de vie, tout en luttant contre le changement climatique ", a conclu Laura Tuck, vice-présidente de la Banque mondiale pour le Développement durable.

Communiqué par la Banque mondiale - www.banquemondiale.org

Publié le vendredi 20 mai 2016


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