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mercredi 26 juillet 2017

« Pour gagner un combat, il faut être plusieurs »
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« Pour gagner un combat, il faut être plusieurs »
Droits humains & solidarité

Publié le lundi 20 février 2017 à 04:00

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Le 25 février aura lieu le concert « Expression against Excision » avec Inna Modja et Modestine Ekete à l’Atelier, organisé par la Fondation Follereau.

L’ensemble des recettes serviront à financer les projets de la Fondation au Burkina Faso et au Mali, pour l’abandon des mutilations génitales féminines. L’artiste Modestine Ekete, née au Cameroun, et maintenant installée au Luxembourg, assurera la première partie. Elle explique sa motivation pour son engagement contre l’excision et ses espoirs pour un changement futur :

Pourquoi avez-vous souhaité soutenir la Fondation Follereau, en assurant la première partie du concert « Expression Against Excision » ?
D’abord, parce que je soutiens toujours de telles choses. Tout ce qui touche à l’être humain me tient à cœur. La découverte de l’excision était choquante pour moi. J’ai lu un livre d’une femme s’appelant Khady, qui porte le titre « Mutilée ». Elle a été excisée à l’âge de 7 ans. Elle a vécu une grande violence consentie par sa famille. Même si les parents l’aiment, ils n’ont pas le choix, car dans leurs yeux, ceci doit se faire. Ils ont seulement pu la consoler après l’acte. Il est terrifiant et horrible pour un enfant quand ses protecteurs ne peuvent pas la sauver d’une telle situation. C’est douloureux et je pense que cela va accompagner ces jeunes filles pendant toute la durée de leur vie.

Le combat contre l’excision est un combat très difficile et on a besoin de beaucoup de voix. Je soutiens « Expression Against Excision » car on doit soutenir les minorités, et les victimes de l’excision sont des minorités. Ils ne se font pas encore beaucoup entendre parce qu’il n’y pas encore la masse nécessaire pour lutter contre ça. Toucher à l’intimité de la femme, c’est aussi toucher à son intelligence. Heureusement, personne ne peut lui enlever son intelligence, mais on y touche quand même. C’est une façon de dire à la femme « tu restes femme » parce qu’on ne demande pas l’avis de ces femmes avant de passer à l’acte.

Je suis donc contre cette pratique et j’aimerais qu’il y ait plus de monde pour aider les jeunes filles et femmes et empêcher les futures générations à subir ce sort-là. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard, de sorte que les nouvelles générations aient la chance de grandir avec épanouissement et qu’elles connaissent la valeur que représente leur corps. Ce n’est pas un objet, mais un instrument de communication. Il est donc important que les gens se mobilisent pour encourager ces jeunes filles et femmes à retrouver goût à la vie et pour que cette souffrance se transforme en combat.

À votre avis, qu’est-ce qu’on peut faire ici au Luxembourg pour améliorer la situation des femmes excisées dans le monde ?
Au Luxembourg, la Fondation Follereau est bien présente, mais peu d’autres ONG luttent contre les mutilations génitales féminines. Pour gagner un combat, il faut être plusieurs. On ne peut pas gagner seul. Au niveau du Luxembourg, je pense que la lutte contre cette pratique peut commencer dès l’école. Le ministère de l’Éducation et celui de la Famille doivent encourager cette sensibilisation car ils ont du poids.

La plupart de ces pratiques sont acceptées par ignorance, car nous ne disposons pas assez d’informations. Pour ceci, l’éducation est fondamentale. La sensibilisation devrait déjà commencer à l’école. Il faudrait trouver un moyen pour l’expliquer aux enfants avec douceur, sans que ceux-ci soient choqués. On peut aussi passer par l’université pour toucher les étudiants, car l’université est une grande porte et sa voix porte aussi. On peut faire des clips et des campagnes visuelles. Peut-être qu’il y a aussi des gens prêts à sponsoriser des événements.

Il faut réunir de plus en plus de personnes qui s’y intéressent et trouver un moyen de toutes les rassembler. Il faut aussi informer les personnes qui ne sont pas encore en connaissance de cette pratique, car il y en a beaucoup. C’est un sujet qui n’est pas facile à transmettre car il est encore tabou. Si on le fait de façon positive, sans traumatiser et alarmer, je pense que cela peut mieux se passer.

J’espère que ce tabou va être brisé car sinon, il n’y aura pas d’évolution et on ne pourra pas aider les gens qui luttent et qui souffrent de cette pratique. Une possibilité serait d’expliquer aux exciseuses la dangerosité de la pratique, afin qu’elles comprennent l’impact pour les femmes, et qu’elles décident d’arrêter leur activité.

Le chemin est encore long, mais il faut toujours garder l’espoir.

Plus d’informations sur :
www.ffl.lu/projects/mgf/
www.modestineekete.com

Communiqué par la Fondation Follereau

Publié le lundi 20 février 2017


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