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Les semences mutagènes, des OGM cachés ?
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Les semences mutagènes, des OGM cachés ?

Qualité de vie

Publié le
mardi 3 septembre 2013 à 10:00

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Une soixantaine de militants ont occupé la coopérative Lorraine Céréales approvisionnement à Lemud (Moselle-Est) hier, lundi 2 septembre. Leur objectif était de trouver des traces de l’une des quatre variétés de colza muté qui commencent à être cultivées en France depuis quelques mois.

On ne connaît pas l’impact de ces semences traitées chimiquement sur le long terme

Pour la soixantaine de Faucheurs Volontaires venus de la France entière, il s’agissait d’une « inspection citoyenne », pour la direction de la coopérative Lorraine Céréales approvisionnement (Lorca), c’était une surprise !

Arrivés dès 9h sur le site de l’entreprise, les militants écologistes ont investi les locaux de Lorca à la recherche de stocks de semences de colza muté issus de la mutagenèse dont la commercialisation de quatre variétés a débuté depuis plusieurs mois en France. A ce titre, plusieurs régions, dont la Lorraine, en auraient ainsi entamé la culture.

Si, comme l’a avoué un militant à l’AFP, « l’inspection citoyenne » fut vaine, le message est au moins passé pour ces militants qui voulaient dénoncer la mutagenèse, une manipulation génétique qui rend les plantes résistantes aux herbicides via des traitements chimiques et radioactifs. Nommé VTH (Variétés Résistantes aux Herbicides), le résultat de ce procédé est ni plus ni moins assimilé par de nombreuses ONG, agriculteurs et apiculteurs, comme des « OGM cachés ».

Commercialisé par Monsanto

Si l’Europe n’a pas publié de décisions concrètes, la France, elle, n’est pas du même avis que les militants. Elle affirme, par le biais du ministère de l’Agriculture et la FNSEA (syndicat agricole majoritaire) que les semences mutées ne peuvent être considérées comme des OGM car il n’y a pas « d’ajout de gène d’une autre espèce ». Par ailleurs, la mutagenèse, un procédé mis au point par l’Inra, est pratiqué depuis 50 ans en France et les semences produites sont utilisées pour « l’agriculture biologique et conventionnelle », comme l’indique la direction de Lorca.

Commercialisées par Dekalb-Monsanto, les quatre variétés de ces semences de colza super résistantes seraient déjà cultivées sur 1.000ha en France, dont 100ha en Moselle-est. Une culture qui surprend et interpelle par le fait qu’« on ne connaît pas l’impact [de ces semences traitées chimiquement] sur le long terme », comme l’expliquait Philippe Coutant, porte-parole de la Confédération paysanne de Poitou-Charentes à nos confrère de La Nouvelle République le 17 août dernier.

A Metz, les militants ne sont pas repartis totalement bredouilles puisqu’ils ont obtenu une rencontre avec les dirigeant de la coopérative, ainsi qu’avec des représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie. De son côté, la Lorca a profité de l’occasion pour rappeler qu’« il n’y a aucun OGM cultivé en Lorraine, ni ailleurs en France » conformément au moratoire de 2008 contre les OGM. Moratoire auquel échappent donc les semences de colza mutés puisque non-considérées comme OGM par les pouvoirs publics hexagonaux.

Photo ©saturn sur Pixabay

Publié le
mardi 3 septembre 2013


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