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jeudi 17 août 2017

Les frontières « bleues » de l'Europe
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Les frontières « bleues » de l’Europe
Green Planet

Publié le jeudi 8 décembre 2016 à 04:00

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Combien de fois les frontières nationales de l’Europe ont été redressées selon les caprices et les fantasmes des dictateurs ou des politiciens égocentriques, qui, du point de vue moral et économique, ont catapulté tout le continent à plusieurs reprises dans l’âge de pierre.

Le nationalisme et la manie de graver ses actions antihéroïques dans la conscience collective en créant des empires immenses se trouvent à la source des guerres fratricides et des expulsions forcées des gens – des gens qui ont pourtant vécu pendant des générations sur leurs lopins de terre. Il ne manque pas d’exemples récents : les conséquences de l’écroulement de la Yougoslavie ont encore aujourd’hui des répercussions sur la vie des gens sur les Balkans. L’Union européenne est bel et bien le vecteur de la stabilité, de la paix et du maintien des frontières nationales, mais elle n’est pas un garant pour la rigidité des frontières à l’intérieur des États membres. Des régions ou des peuples, comme p. ex. les Catalans ou les Écossais, réclament fermement d’aller au-delà de leur statut d’autonomie accordé par les États respectifs et ils ont l’intention de proclamer un jour leur souveraineté et leur indépendance.

L’établissement des frontières nationales est en effet une fiction, assujetti à la volonté politique. Ces frontières nationales ne sont pas naturelles, car leur fixation sépare et détruit beaucoup plus qu’elle contribue à l’entente des peuples européens. En général, le long de ces frontières, où un fleuve ou une rivière constitue la ligne de délimitation, il y a un surplus d’activités industrielles, commerciales et artisanales. La raison pour une telle agitation économique est très simple : l’eau est une composante élémentaire à la vie économique. Deux exemples simples vont souligner cette affirmation : l’empreinte hydrique des produits nous renseigne combien d’eau est utilisée pour manufacturer un bien, et la navigation intérieure constituait très longtemps le moyen de transport le plus utilisé.

Très souvent, les habitants d’un sous bassin hydrographique – il s’agit de toute une zone dans laquelle toutes les eaux de ruissellement convergent à travers un réseau hydrique vers un bassin hydrographique plus important par une seule embouchure – ont des similarités culturelles. Ils parlent par exemple le même dialecte (tri point entre le Luxembourg, la Saar et la Lorraine). Au cours des siècles et par l’intermédiaire du commerce, les habitants des rives ont donc créé leur propre identité communautaire. Bien avant qu’il y a eu des États nationaux, les grands, mais aussi les petits axes hydriques unifiaient ses riverains, alors qu’aujourd’hui ils cassent en tant que frontières nationales des liens historiques.

L’article 3 de la directive-cadre sur l’eau 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau oblige les États membres à coordonner les mesures administratives (p. ex. élaboration des plans de gestion) au sein des bassins et des sous bassins hydrographiques pour atteindre les objectifs environnementaux formulés dans l’article 4. La carte reproduite (© EC) reprend les districts des bassins hydrographiques nationaux et internationaux tels qu’ils ont été définis par les États membres. Cette vue cartographique est très inhabituelle, même étrange pour nous. Le district hydrographique « Danube » est de loin le plus grand, il s’étende sur environ 805.000 km2 et comprend 13 pays (États membres de l’UE et non membres). Il y a d’autres bassins hydrographiques comme Vistula, Odra, Elbe ou Rhine qui comprennent également une large superficie et ne s’arrêtent pas aux frontières nationales.

L’Europe connaît un passé très triste et elle est actuellement en profonde crise identitaire. L’eau étant un élément réconciliant, constitue la chance d’approfondir la paix et d’amorcer un dialogue franc. Ceci dit, tous les riverains, quelle que soit leur nationalité, ont le devoir de collaborer entre eux pour que la dégradation de nos fleuves et rivières s’arrête et les systèmes aquatiques s’améliorent. L’eau, étant un vecteur d’unification, nous donne une bonne raison pour démolir les frontières politiques – sous conditions que les frontières psychologiques dans les têtes des gens se dissolvent au préalable.

Article de notre partenaire Waasser Consulting

Publié le jeudi 8 décembre 2016


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