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L’économie circulaire, une opportunité pour révolutionner le monde !
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L’économie circulaire, une opportunité pour révolutionner le monde !

Green Planet

Publié le
mercredi 18 mars 2015 à 11:00

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Le modèle économique atteint ses limites, la crise écologique est plus que jamais présente et la raréfaction des ressources menace note modèle économique… 

De toute façon, on ne peut jamais être certain de ne pas déplacer les problèmes ou de créer des effets pervers, tant qu’on n’a pas fait d’analyse de cycle de vie globale. 

Notre société actuelle est aujourd’hui indéniablement confrontée à des crises multiples : le modèle économique atteint ses limites, la crise écologique est plus que jamais présente et la raréfaction des ressources menace note modèle économique… de toute façon, si on suit les courbes actuelles, nous allons dans le rouge…

L’économie circulaire

Face à un tel constat, quelle est donc la clef du changement qui va nous permettre de satisfaire nos besoins, de redonner du souffle à nos entreprises tout en diminuant nos consommations de ressources ? Il nous faut tout simplement changer de modèle….et pour répondre à ces enjeux forts de mutation économique et de société, l’économie « circulaire » est le concept qui va nous y aider. Elle a déjà commencé, elle est en marche, allons voir de plus près ce qui va nous permettre de la généraliser…

Les limites de notre modèle actuel qui participe aujourd’hui à la raréfaction des ressources

D’après des publications de l’OCDE, la consommation de matières premières a augmenté de 2,5 % par an en moyenne depuis 20 ans, soit au total de 65 % pour culminer aujourd’hui à un tonnage édifiant de 62 milliards de tonnes de ressources extraites dans le monde chaque année !… 

Partant de ces chiffres clefs, on ne peut qu’avoir froid dans le dos ! Il nous faut donc arrêter avec le modèle de l’économie linéaire basée sur « l’extraire, le produire, le consommer et le rejeter » : c’est tout simplement un non-sens. D’autant plus que ce modèle n’est tout simplement pas compatible avec la finitude des ressources naturelles. Ce modèle participe de fait à la raréfaction des ressources, à l’épuisement des énergies non renouvelables et à la fluctuation des prix des matières premières. Et la croissance démographique accentue cette tendance ! /

Adieu les modèles linéaires, place aux modèles circulaires !

Nous avons donc besoin plus que tout d’un modèle qui permet une régénération du capital naturel et qui favorise la réutilisation des ressources. Et pour changer de paradigme, nous devons aller vers une économie fondée sur les 3 R, Réduire, Réutiliser, Recycler qui vise justement le découplage entre l’utilisation de ressources et la croissance économique. Mais il ne s’agit pas uniquement de recyclage de matière, comme trop souvent d’idées reçues circulent sur le sujet. 

Certes, les progrès techniques ont permis d’améliorer le recyclage mais cela ne suffit pas : son effet est clairement insignifiant sur le long terme s’il ne s’accompagne pas d’une révision complète du modèle économique pour aller vers la « circularité »… Et pour cela, il nous faut une économie qui modifie les modes de production, en impactant la conception des matériels et des équipements dans le critère de choix des matériaux et dans leur durée de vie et qui invente des nouveaux modèles de consommation. Et l’économie qui permet de répondre à tous ces enjeux, c’est l’économie circulaire. 

Une économie qui célèbre l’énoncé du chimiste Antoine Laurent de Lavoisier : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme autrement dit, qui s’inspire des écosystèmes naturels, une approche holistique, globale et tout simplement systémique…. 

Une économie aux multiples visages

Le déploiement de cette économie circulaire suppose de travailler sur de nombreuses approches : la prise en compte des impacts environnementaux tout au long du cycle de vie (écoconception), les clefs de lecture des analyses de cycle de vie devenant même sociales et sociétales avec des approches « filière intégrée », le réemploi, la réparation, le recyclage des matières issus des déchets, le passage de l’usage à la possession (économie de la fonctionnalité), la vente d’un service plutôt que d’un bien (économie de la location), la mise en place des symbioses industrielles (écologie industrielle), la mutualisation des services sur un territoire (écologie territoriale) ou encore de la consommation (économie collaborative).  /

Y aller pas à pas

Tous les domaines peuvent passer à l’économie circulaire, mais ce qui est certain, c’est que les entreprises doivent y aller pas à pas en réfléchissant aux enjeux qui leur sont propres. Et c’est certainement la seule façon d’inciter les entreprises à le faire. Il n’y a pas de solution, clef en main, il faut faire au cas par cas, les enjeux sont par exemple différents entre de la matière organique, des terres rares et de l’énergie. De plus, les logiques binaires qui statuent si l’on rentre ou non dans une économie circulaire sont vite limitantes. Il faut être pragmatique et partir d’où les entreprises se situent, si déjà le recyclage du dans le procédé de matières premières permet à une entreprise de faire des gains économiques, elle pourra après progressivement se lancer dans l’écoconception, qui reste encore très chère et inaccessible pour certaines entreprises. Après, il est certain qu’il faut avoir quelques gardes fous pour éviter aux opportunistes de se prévaloir des principes de l’économie circulaire sur du vent : il faut éviter le greenwashing mais il faut avancer pas à pas. 

De toute façon, on ne peut jamais être certain de ne pas déplacer les problèmes ou de créer des effets pervers, tant qu’on n’a pas fait d’analyse de cycle de vie globale. Mais ne prétextons pas la complexité de ces modèles afférents au développement durable pour ne rien faire !

Les bénéfices et les opportunités

Au niveau macro, cette économie permet de préserver les terres agricoles, de créer des emplois (le rapport de l’étude mandaté par le ministère de l´économie, prévoit d’ailleurs la création de milliers d’emplois rien qu’au Luxembourg), et de faire des économies. Selon un rapport de 2010 dédié sur l’économie circulaire par la fondation Ellen Mac Arthur avec Mac Kinsey, le secteur des biens de consommation ferait 700 milliards de dollars d’économie en matières… Et au niveau micro bien sûr, les entreprises peuvent développer de nouveaux services à valeur ajoutée, attaquer de nouveaux segments de marché, améliorer leur compétitivité, développer de nouvelles compétences, anticiper la réglementation qui se durcit etc…Quand on pense à toutes les potentialités et aux opportunités, on se demande bien pourquoi on y avait pas pensé avant et pourquoi on avait de fait rangé notre plus grand bon sens au tiroir. 

Des freins et des contraintes avant tout organisationnels

Ce qui est paradoxal c’est que l’on pourrait croire que les principaux enjeux du déploiement de l’économie circulaire sont techniques mais non comme tout processus de changement, ils sont organisationnels et remettent en cause les modèles de gouvernance actuels, cette nouvelle économie suppose de passer d’un modèle compétitif à un modèle collaboratif, de travailler avec l’ensemble des acteurs pour créer de la valeur partagée mais pour faire cela, nous devons sortir d’une logique cloisonnée en silo pour aller vers des approches beaucoup plus transversales et accepter de travailler avec des acteurs avec lesquels on n’avait pas l’habitude. Une sacrée remise en question, donc ! Il nous faut transformer ni plus ni moins l’ensemble de la chaine de valeur. C’est une démarche complexe et de long terme qui doit se faire avec toutes les parties prenantes. Les freins sociaux, techniques, financiers, culturels sont bien présents. A nous tous de savoir manager ce changement.

Une économie circulaire au service de l’aménagement du territoire

Avec l’adoption de cette nouvelle économie, les entreprises deviennent partenaires et des acteurs décisionnels au sein d’un territoire avec un système de gouvernance collective, complètement nouveau, où la décision collégiale est négociée avec l’ensemble des parties prenantes : le système de gouvernance est différent, la relation au territoire est différente… Nous creuserons ce sujet dans un prochain article sur l’écologie territoriale, qui est bien évidemment un sous pan de l’économie circulaire… Pour conclure sur ce sujet si vaste, il n’y a pas de recette miracle, A nous de savoir réunir tous nos talents, pour innover et entreprendre autour de l’économie circulaire : les matières premières se font rares, mais pas la matière grise : nos entrepreneurs sont là ! Profitons-en ! Nous avons besoin de nous tous pour inventer le monde de demain !


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Article rédigé par Louis Lang, c onseiller indépendant en développement durable www.llco.lu 

Publié le
mercredi 18 mars 2015


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