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Innovation en environnement urbain : le Luxembourg part sur des bases solides
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Innovation en environnement urbain : le Luxembourg part sur des bases solides

Recherche & Eco-Innovation

Publié le
vendredi 7 juin 2013 à 08:00

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Le 7e programme-cadre de recherche et développement lancé par la Commission européenne en 2007 arrive à son terme à la fin de l’année, laissant place au programme Horizon 2020, lequel sera davantage articulé autour de défis sociétaux que technologiques.

Les TIC permettent de mettre de l’intelligence dans le système et d’optimiser l’existant

C’est dans ce contexte que s’inscrit le partenariat européen d’innovation pour les villes et communautés intelligentes, qui intègre plusieurs problématiques interconnectées et dont l’objectif est de rendre, comme son nom l’indique, les villes plus intelligentes. Les tenants et aboutissants de cette initiative avec Jean-Michel Ludwig et Younis Hijazi, respectivement responsable des programmes européens et Point de Contact National pour les financements liés aux Smart Cities chez Luxinnovation.

Tout d’abord, messieurs, qu’entend-on par Smart Cities ou villes intelligentes en français ?

Younis Hijazi : Plusieurs définitions existent. Une d’entre elles nous paraît particulièrement pertinente, à savoir celle qui consiste à caractériser les villes intelligentes selon trois notions clés : la compétitivité, la pérennité et la qualité de vie. Une ville qui réunit ces trois notions peut être considérée comme ville intelligente.

Jean-Michel Ludwig : Plus concrètement, trois éléments déterminants viennent distinguer les villes intelligentes des autres : premièrement, tout ce qui est lié à la consommation énergétique et au réseau de distribution d’énergie, deuxièmement, ce qui a trait au transport de personnes et de marchandises et par extension à la logistique, et, troisièmement, le volet des technologies de l’information et des communications.

Des programmes de recherche européens visent à développer des villes intelligentes. Quels sont les tenants et aboutissants de ces programmes, et quels sont les participants ?

JML : La Commission européenne a lancé un programme-cadre, le 7e programme cadre de recherche et développement ou PCRD, qui regroupe plusieurs sous-initiatives. Il s’agit du principal instrument financier de la Commission pour financer la recherche collaborative sur différentes thématiques menée au niveau international. Luxinnovation est le Point de Contact National au Grand-Duché et a pour mission de stimuler et faciliter la participation des acteurs locaux dans ce programme.

Celui-ci, qui couvre la période 2007-2013, laissera place au programme Horizon 2020, qui démarrera en 2014 pour une durée de sept ans. Ce dernier s’inscrit dans la continuité du PCRD, qui sera davantage articulé autour de défis sociétaux que technologiques.

Aussi, le nouveau programme Horizon 2020 intègrera bien plus la dimension d’innovation et encouragera davantage l’implication des entreprises par la simplification des procédures de participation.

YH : Dans le cadre des appels à propositions du partenariat européen d’innovation pour les villes et communautés intelligentes, la Commission européenne a souhaité intégrer différentes problématiques interconnectées les unes aux autres – l’énergie urbaine, les transports et les TIC -, plutôt que de travailler par silos indépendants comme par le passé, afin de favoriser la recherche intersectorielle, avec pour finalité de travailler à des développements d’innovation dans un environnement urbain.

Quelle est la carte à jouer du Luxembourg, et plus particulièrement de Luxinnovation, dans ces programmes ?

JML : Tous types d’acteurs luxembourgeois pourront participer au programme Horizon 2020 et donc accéder à des financements pour leurs projets allant jusqu’à 100% des budgets estimés, de l’Université aux entreprises (grandes et PME) en passant par les centres de recherche publics et les acteurs institutionnels (communes ou autres acteurs parapublics).

En termes de développement, le Luxembourg part sur des bases solides au niveau des Smart Cities. On peut prendre l’exemple de Luxembourg-ville et des investissements déjà réalisés dans le cadre de projets e-City ou encore des projets de déploiement de compteurs-intelligents sur plusieurs sites pilotes au Grand-Duché. S’ajoutent à cela la proximité des acteurs impliqués, ce qui facilite les échanges et les interconnections existantes entre le Luxembourg et ses voisins allemands, belges et français. La Grande Région peut être considérée comme une plateforme de démonstration idéale en Europe.

Il n’empêche que les financements disponibles dans le cadre de ce programme seront alloués à des projets émanant de toute l’Europe, ce qui signifie que les acteurs européens de la recherche participent à ces initiatives, et que par conséquent énormément de demandes de cofinancement sont transmises à Bruxelles. Le budget, bien que très ambitieux (entre 70 et 80 milliards d’euros pour Horizon 2020 sur la période 2014-2020), ne permet de financer qu’un nombre restreint de projets. La lutte est donc féroce, et les dossiers se doivent d’être excellents. Dans la mesure où les acteurs économiques se structurent à l’étranger pour prétendre aux financements, il revient au Luxembourg de leur emboîter le pas s’il veut rester dans la course.

A nous, chez Luxinnovation, de sensibiliser les acteurs luxembourgeois sur l’existence de ces programmes et initiatives communautaires et de leur faire savoir dans quel environnement ils sont amenés à évoluer. Le développement de partenariats internationaux stratégiques est l’un des objectifs à court et moyen termes.

Pour Jean Bouinot, professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, la ville intelligente est celle qui sait à la fois attirer et retenir des entreprises employant de la main d’œuvre hautement qualifiée. Pour Fadela Amara, ancienne secrétaire d’Etat française chargée de la Politique de la Ville, une ville intelligente l’est à travers le numérique, en utilisant toutes les nouvelles technologies au service des citoyens. Pour quelle thèse penchez-vous ?

JML : Dans le cadre du programme Smart Cities de la Commission européenne, la définition de Fadela Amara nous semble la plus appropriée dans la mesure où cette dernière établit directement le lien avec l’économie numérique et précise que ces outils sont au service des citoyens, un point qui est essentiel. 

La définition de Jean Bouinot s’inscrit dans une démarche beaucoup plus globale et politique, qui dépasse assez largement la question des investissements que l’on peut réaliser dans des projets d’innovation visant à résoudre des problèmes de mobilité ou d’amélioration du bien-être des personnes. D’ailleurs, si l’on se réfère à la définition de ce dernier, Luxembourg serait dans la catégorie des surdoués ; or on sait tous que des défis de taille subsistent, à commencer par la problématique de la mobilité, qui est un pilier crucial.

En quoi les TIC jouent-ils un rôle décisif dans le développement de villes intelligentes ?

YH : Dès lors que l’on réalise des investissements dans le domaine des TIC, on entre dans une démarche d’innovation. Tout d’abord, les TIC permettent de mettre de l’intelligence dans le système et d’optimiser l’existant, notamment la mobilité urbaine.

De surcroît, une ville qui suit cette démarche pourra proposer un cadre de travail intéressant aux entreprises et accroître sa compétitivité, les TIC générant du business.

A quoi ressemblera ou pourrait ressembler la ville européenne de demain ?

JML : Lorsque l’on juxtapose les projets pilotes qui ont été mis en œuvre en Europe et dans le monde, on arrive à des concepts très futuristes. On peut prendre l’exemple du véhicule autonome mis au point par Google qui peut évoluer sans intervention humaine. Les tests sont très encourageants, principalement au niveau de la sécurité. Des constructeurs européens travaillent sur des concepts similaires en Allemagne et en Suède, par exemple, mais la mise sur le marché de véhicules autonomes sera freinée par des barrières éthiques, juridiques et sociétales qui dépassent largement celles de la technologie. La démonstration faite récemment dans les rues de Luxembourg-ville du véhicule Navia nous donne également une idée de ce que seront les transports du futur.

Les villes de demain devraient être plus « vertes » et agréables à vivre grâce à des modes de transport propres (véhicules hybrides ou électriques), des bâtiments caractérisés et mis en valeur non plus seulement par leur architecture, mais pas leur efficacité énergétique, et un ensemble de moyens de télécommunication mis au service de tous les citoyens (personnes handicapées, personnes âgées, …).

Photo : Jean-Michel Ludwig, responsable des programmes européens par Marlene Soares pour LG Magazine

 

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vendredi 7 juin 2013


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