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Fer-de-lance d’un renouveau politique
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Fer-de-lance d’un renouveau politique

Politique & Gouvernance

Publié le
lundi 6 janvier 2014 à 11:00

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C’est pratiquement une inconnue du grand public, Carole Dieschbourg, qui prend les rênes du ministère de l’Environnement. Une jeune ministre aux convictions bien établies, très enthousiaste devant les missions qui l’attendent, et qui compte bien se faire entendre.

La question de l’environnement a tendance à être la dernière roue du carrosse au Grand-Duché

Madame la Ministre, pouvez-vous brièvement présenter votre parcours ?

Après avoir passé ma scolarité à Echternach, j’ai fait des études de « Germanistik » et d’histoire à l’Université de Trèves. J’ai, par la suite, participé au projet européen LEADER du Mullerthal et effectué un travail de recherche sur les Moulins du Mullerthal. A ce titre, j’ai eu la chance d’être en contact avec de nombreux élus locaux de la région.

J’ai ensuite repris avec mon père l’entreprise familiale « Moulin Dieschbourg », qui produit depuis la fin du 19e siècle des farines du terroir et torréfie des cafés de qualité et labellisés commerce équitable en provenance du monde entier. Je suis très attachée à l’agriculture et à la production biologique, raison pour laquelle j’ai introduit du café biologique dans l’entreprise et élargit leur gamme.

En 2011, j’ai été élue au conseil communal d’Echternach, mais ai dû me contenter d’un rôle dans l’opposition, ce qui n’a pas été sans quelque frustration. J’ai participé deux fois aux élections nationales, qui n’ont cependant pas abouti.

Quelles on été vos motivations ?

Membre du Mouvement écologique, j’ai toujours revendiqué un mode de vie en harmonie avec la nature, et je compte inscrire dans mes nouvelles fonctions l’esprit écologique voire même développement durable au sens large qui a prévalu dans mon entreprise. Il s’agit de combiner au mieux économie, écologie et social.

J’ai pu constater lors de mes études en Allemagne que notre voisin outre-Moselle avait une perception bien différente de la gouvernance et des questions sociétales, et qu’il était en avance dans bien des domaines en matière d’écologie. J’irais jusqu’à dire que j’ai eu le sentiment que la question de l’environnement a tendance à être la dernière roue du carrosse au Grand-Duché. C’est la raison qui m’a poussée à me lancer en politique en 2008. Aussi, dans mon nouveau costume, j’aspire à contribuer à un changement des mentalités ici au Luxembourg ; c’est un beau défi. 

Pour cela, il faudra que l’environnement ne soit plus considéré comme une contrainte mais bien comme une opportunité sur le long terme, ce que nous devrons véhiculer par des plans de communication sagaces.

Comment voyez-vous votre nouvelle fonction, quelles sont les nouvelles impulsions que vous comptez donner à votre ministère ?

Comme dit, ma volonté première est de changer la manière de faire de la politique ici dans le pays. Il s’agit d’être plus proactif, notamment vis-à-vis des autorités communales mais également des citoyens, et de faire du travail de terrain, entre autres dans le domaine de l’écologie.

La transparence à l’égard du citoyen dans le modèle décisionnel est un leitmotiv pour le nouveau gouvernement en place. Dès lors, un objectif ambitieux consistera à rendre à terme public sur Internet le suivi des dossiers en cours, un axe phare du renouveau politique que nous prônons. L’objectif étant bien évidemment d’encourager le citoyen à participer plus activement au débat démocratique.

Ce qui est également essentiel, c’est de privilégier une approche transversale entre les différents ministères, ce qui a cruellement fait défaut jusqu’à présent. La politique gouvernementale se devra d’avoir un fil conducteur.

Certains portefeuilles inclus dans l’ancien « Superministère » du développement durable, du moins celui du logement, ont été redistribués. En outre, le nouveau ministère du développement durable a désormais à sa tête deux ministres et un secrétaire d’Etat. Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement du « nouveau » MDDI entre M. Bausch, M. Gira et vous-même ? Comment seront précisément répartis les fonctions, missions, dossiers ?

Monsieur Bausch est responsable de l’aménagement du territoire, du transport et de la mobilité et des infrastructures. En ce qui me concerne, je suis en charge de l’environnement, c’est-à-dire du climat, de l’environnement naturel, et, ce qui est nouveau pour un ministre de l’Environnement, l’eau, qui appartenait au ministère de l’Intérieur. Il en va de même pour les parcs naturels, qui étaient du ressort de celui qui avait le portefeuille de l’aménagement du territoire.

Monsieur Gira, quant à lui, traitera tant certains dossiers qui relèvent de mes attributions que certains qui incombent à Monsieur Bausch. Autrement dit, Monsieur Gira fera le lien entre le travail de Monsieur Bausch et le mien. Vous constaterez donc que nous instaurons cette approche transversale que j’évoquais au sein même de notre ministère.

Il est de notoriété commune que le Luxembourg affiche une mauvaise empreinte carbone si l’on en croit le classement mondial. Quelles mesures prévoyez-vous dans le programme gouvernemental pour améliorer le classement du pays et faire face aux obligations internationales ?

Cette problématique est un très grand défi. Nous allons transposer le deuxième plan national pour la protection du climat et promouvoir les énergies renouvelables. En outre, nous allons nous concentrer sur l’assainissement des vieux bâtiments – et ils sont légion au Luxembourg, qui présente un potentiel d’économies d’énergie considérable.

Qu’en est-il du tourisme à la pompe, inclus dans les calcules, et de ce fait largement responsable de ces mauvais résultats ? Y renoncer ?

Nous voulons progressivement faire baisser le tourisme à la pompe, volonté clairement affichée dans le programme gouvernemental. Bien évidemment, cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Sans transition, revenons en quelques mots, si vous le voulez bien, sur les premières réactions de l’ancien Premier ministre, Jean-Claude Juncker à propos du programme gouvernemental de la nouvelle majorité. Celui-ci a déclaré : « Pour en arriver à cette coalition, les trois partis ont dû renoncer aux points principaux de leurs programmes électoraux respectifs », taclant particulièrement Déi Gréng, qui, je cite, « ont dû renoncer à beaucoup de choses » (… on pense notamment à votre souhait qui était de retourner à l’ancien mécanisme d’indexation automatique des salaires, non retenu par vos partenaires de coalition). Que lui répondez-vous ?

Tout d’abord, Jean-Claude Juncker n’a à aucun moment abordé les mesures introduites dans le domaine du développement durable, très ambitieuses, et je ne partage pas ses critiques quant à d’éventuelles renonciations notables de la part de mon parti.

Quant au point que vous soulevez, celui de l’indexation automatique des salaires, il est vrai que notre proposition n’a pas été retenue. Mais c’est cela même l’essence d’une coalition, savoir faire des compromis, bien entendu dans des proportions raisonnables.

Philippe Roseren / Photos ©Marlene Soares pour LG Magazine

 

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lundi 6 janvier 2014


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