De plus en plus d'Européens sont affectés par la pénurie d'eau

De plus en plus d’Européens sont affectés par la pénurie d’eau

Les ministres appellent à des solutions communes

Les changements climatiques et les alternances entre périodes de sécheresse et d’inondations ont été les principaux thèmes de la Conférence ministérielle sur l’eau et du Conseil informel de l’UE sur l’environnement.

Les débats ont fait ressortir clairement que chaque pays de l’UE connaît ces phénomènes d’une manière ou d’une autre. Certains souffrent de sécheresses prolongées, d’autres d’inondations fréquentes, d’autres encore sont affectés par ces deux phénomènes extrêmes à la fois. Par exemple, les pays riverains de la Méditerranée subissent des pénuries d’eau de plus en plus longues et, si l’on en croit certaines prévisions, ils pourraient connaître une situation à l’africaine. Près de 70 millions d’Européens sont affectés par des problèmes de manque d’eau pendant l’été, tendance qui va s’aggraver considérablement. Cette pénurie commence déjà à s’observer en Europe du Nord, cependant que les Etats baltes pâtissent d’inondations fréquentes. L’UE dépense 5 millions d’euros par an pour faire face aux conséquences des inondations et encore 3 millions d’euros pour les dégâts des sécheresses. Ces coûts vont s’alourdir selon les estimations de la Commission européenne (CE).

Bien que les problèmes de chaque pays soient spécifiques, les ministres ont appelé à définir des objectifs européens communs clairs pour combattre les conséquences du changement climatique, même s’il n’existe aucune solution unique et universelle. L’eau n’est pas un avantage acquis, ses ressources sont limitées, la demande est en accroissement. Nous devons l’en apprécier davantage. Contrairement aux apparences, cela nous concerne tous, parce que la pénurie d’eau est porteuse de multiples dangers, à commencer par l’instabilité sociale. Le temps n’est plus à la procrastination. Nous devons trouver une solution européenne commune qui soit souple et durable pour assurer une gestion efficace de l’eau. Ainsi s’est exprimé le ministre de l’Environnement László SÓLYMOS mardi 12 juillet lors d’une conférence de presse, après avoir dirigé des échanges informels pendant deux journées.

Les ministres sont tombés d’accord sur la nécessité d’améliorer la récupération et le recyclage de l’eau.

A l’intérieur de l’UE, il est possible de recycler environ 17 % de l’eau, mais ce potentiel est encore sous-utilisé. Les ministres ont souligné la nécessité d’une meilleure gestion de l’eau dans l’agriculture, puisque c’est le secteur qui affiche la plus grosse consommation du fait de la sécheresse et de la croissance démographique.

 

Plusieurs ministres considèrent que la question n’a pas un aspect purement négatif et qu’elle devrait être perçue comme une heureuse opportunité pour introduire certaines solutions technologiques nouvelles. Par exemple, le transport de l’eau, l’irrigation par des systèmes innovants, des mesures plus efficaces pour la récupération de l’eau naturelle dans les campagnes, une plus grande implication de la science et de la recherche. Les discussions ont fait ressortir que, pour résoudre la pénurie d’eau, la prise de conscience jouerait un rôle majeur, afin que les utilisateurs apprennent à mieux gérer cette ressource périssable.

Lors de la réunion, les ministres responsables du changement climatique ont appelé à ratifier le plus rapidement possible le Traité de Paris. Parmi les Etats de l’UE, seules à ce jour la France et la Hongrie ont procédé à cette ratification. Je suis heureux que nous en soyons tous conscients, l’enjeu d’une ratification rapide n’est pas seulement procédural mais il est surtout politique, afin que l’Union européenne puisse poursuivre la lutte contre le changement climatique et, donnant l’exemple, puisse s’imposer comme chef de file, a déclaré László SÓLYMOS. Il a ajouté que la Slovaquie souhaitait mener à bien le processus de ratification fin octobre/novembre. Les participants ont souligné que la mise en œuvre de l’Accord de Paris ouvrait des opportunités en matière d’investissements et d’emploi.

Les délégués se sont réunis lundi 11 juillet à REDUTA, Bratislava, pour la Conférence ministérielle sur l’eau, puis pour une réunion informelle qui s’est poursuivie le mardi 12 juillet, quand les ministres compétents pour le changement climatique ont été rejoints par les ministres de l’Énergie. Les réunions se sont tenues dans le cadre de la présidence slovaque du Conseil de l’UE qui débute. Le thème de l’eau est l’une des contributions nationales de la Slovaquie au débat européen.

Communiqué par la Présidence slovaque de l’UE

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Publié le lundi 18 juillet 2016
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