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Changement de paradigme
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Changement de paradigme

Politique & Gouvernance

Publié le
mercredi 8 février 2017 à 04:00

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Initiée par le ministère de l’Économie, la Chambre de Commerce et IMS Luxembourg et basée sur les travaux de l’économiste américain Jeremy Rifkin, l’étude stratégique Troisième révolution industrielle a impliqué plus de 300 personnes dans des réflexions autour de 9 thématiques (énergie, mobilité, construction, alimentation, industrie, finance, Smart Economy, économie circulaire et Prosumer & Social Model). L’objectif : proposer aux générations futures un modèle économique plus durable et plus Smart que le modèle actuel.

Interview d’Étienne Schneider, ministre de l’Économie

L’appellation Révolution industrielle est avant tout historique et sert à montrer une rupture, un changement profond. Selon la conception de Jeremy Rifkin, chaque révolution industrielle est conditionnée par le progrès technologique dans trois domaines : la communication, l’énergie et le transport.

Le charbon, le rail, la presse à vapeur et le télégraphe pour la première, et ensuite le pétrole, le véhicule à moteur de combustion, l’électricité, le téléphone, la radio et la télévision pour la deuxième révolution. D’après l’économiste américain et spécialiste de la prospective, la révolution industrielle fondée sur le pétrole et les autres énergies fossiles est entrée en cycle de fin de vie.

Selon lui, la fusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, des énergies renouvelables et de la logistique peut créer une puissante dynamique de « troisième révolution industrielle » aboutissant dans une activité économique d’un niveau équivalent en consommant moins de ressources et moins d’énergie.

Pourquoi une révolution économique est-elle aujourd’hui nécessaire ? Et pourquoi avoir choisi de la mener avec Jeremy Rifkin ?
Le modèle actuel de développement repose toujours sur le recours massif aux énergies fossiles et sur une économie linéaire. Ce modèle atteindra nécessairement ses limites face aux enjeux environnementaux et sociaux auxquels nous sommes confrontés. J’ai donc pris la décision de lancer une étude qui permettrait de développer de nouvelles perspectives de développement économique pour le Luxembourg.

L’économiste Jeremy Rifkin étudie les causes techniques, économiques et sociales qui accélèrent l’évolution du monde moderne. Sur base de ses réflexions, il développe ensuite des scénarios d’avenir issus de ces influences conjuguées. La lecture de son livre The Third Industrial Revolution m’avait interpelée et je considère que grâce à son environnement technologique, le Luxembourg remplit les conditions essentielles pour mener à bien la Troisième révolution industrielle telle que préconisée par l’Américain. Dans le cadre de la politique de diversification économique, mon ministère s’attache depuis 2004 avec succès à développer nombre de secteurs prioritaires comme les technologies de l’information et de la communication, la logistique ou les éco- et biotechnologies. Le Gouvernement met également un accent particulier sur le développement des énergies renouvelables et sur la mise en œuvre de l’économie circulaire.

Quel rôle le ministère de l’Économie joue-t-il dans cette étude stratégique ?
Les missions du ministère de l’Économie s’inscrivent dans le cadre du développement durable autour de trois piliers que sont la croissance économique, le progrès social et le respect de l’environnement.

La mise en œuvre d’une croissance durable relève des missions du ministère de l’Économie et constitue un axe stratégique majeur qui oriente les différentes actions de mon ministère. Ces actions nécessitent bien sûr au préalable une analyse stratégique de futures tendances économiques telles que l’étude stratégique de Troisième révolution industrielle. Le ministère fait le cas échéant approuver par le Gouvernement des mesures législatives, réglementaires voire techniques ou lance des projets, le tout pour permettre de développer un modèle de réussite économique durable à long terme.

En se basant sur une analyse de l’existant, l’objectif de la démarche entamée avec Jeremy Rifkin était d’identifier et de proposer des mesures pour assurer la transition du pays vers de nouveaux modèles de production et de consommation permettant de passer à une croissance durable qui contribue à une meilleure qualité de vie en consommant moins de ressources.

Les résultats des travaux ont été révélés le 14 novembre dernier. Quelles seront les prochaines étapes ?
Le Conseil de gouvernement a décidé que les résultats de l’étude constituent une orientation générale pour le développement futur du pays. Pour dynamiser la transition vers la troisième révolution industrielle, un processus prévoyant deux voies d’action en parallèle est désormais prévu : d’une part, l’implication des acteurs socio-économiques sera maintenue pour mettre en œuvre voire ajuster l’orientation générale préconisée par le rapport Rifkin et, de l’autre côté, les recommandations définies dans l’étude seront progressivement transposées sur le terrain.

Jeremy Rifkin, Etienne Schneider
Jeremy Rifkin, Etienne Schneider

Proposés par les 9 groupes de travail thématiques, les projets à réaliser ainsi que les mesures à prendre sont discutés au sein de plateformes existantes comme le Conseil national pour la construction durable ou le Haut comité pour l’Industrie, ou à créer nouvellement comme la plateforme « Smart Energy Luxembourg ». Cette approche permettra au préalable un échange et une compréhension commune entre acteurs concernés sur les aspects réglementaires, opérationnels et techniques de chaque mesure.

Le comité national de suivi mis en place sous l’autorité du ministère de l’Économie va centraliser les informations qui lui sont adressées par les différentes plateformes. Ce comité fait à intervalles réguliers rapport au Gouvernement qui décide de la suite et du soutien à apporter aux différents projets et mesures.

Parmi les 9 premières mesures à mettre en œuvre que j’ai annoncées lors de la présentation de l’étude, je peux en mettre en avant certaines telles que la promotion de l’électromobilité, la mise en place progressive de la mobilité comme service à travers d’un écosystème de mobilité durable, l’implémentation d’une infrastructure offrant les capacités requises dans le domaine du calcul haute performance ou la promotion de l’économie circulaire dans le cadre des marchés publics, par exemple.

Quelles contraintes et quelles opportunités économiques ce changement de paradigme va-t-il ouvrir à l’économie luxembourgeoise et, plus particulièrement, au secteur de la construction ?
Une vision de bâtiments intelligents, durables et circulaires dans des quartiers collectifs et attrayants ressort de l’étude Rifkin. Des bâtiments à consommation énergétique quasi nulle voire à énergie positive, ensemble avec une infrastructure d’Internet des Objets, seront à l’origine d’une nouvelle génération de parc immobilier. Le confort des bâtiments sera amélioré grâce à une conception et à une infrastructure intelligente permettant de gérer au mieux les besoins des occupants, tout en offrant un environnement plus sain et agréable.

Je suis persuadé que la Troisième révolution industrielle représente une opportunité pour les secteurs de l’artisanat et du bâtiment que j’estime bien préparés et résolument orientés vers l’avenir.

Mélanie Trélat

Source : NEOMAG

Consultez en ligne NEOMAG #04

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mercredi 8 février 2017


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